Organiser son stock de laine (le fameux stash)
Avouons-le entre nous : aucune tricoteuse n'a « juste ce qu'il faut » de laine. Nous avons toutes un stock — le fameux stash, comme disent les Anglo-Saxonnes — qui déborde du placard, s'accumule dans des sacs et resurgit au moment où l'on croyait avoir tout rangé. Bonne nouvelle : un stock bien organisé, c'est un plaisir, pas une corvée. Voici notre méthode, éprouvée derrière le comptoir de Perpignan.
Trier : mettre de l'ordre dans le trésor
Tout commence par un grand tri, idéalement étalé sur la table de la salle à manger — prévoyez l'après-midi ! Trois façons de classer, à combiner selon votre logique :
- Par grosseur de fil : c'est le tri le plus utile. Les fins d'un côté, les moyens au milieu, les grosses laines de l'autre. On retrouve ainsi tout de suite ce qui convient à un projet donné. Notre guide des types de laine aide à y voir clair.
- Par couleur : le tri le plus joli, en dégradé, qui transforme le placard en nuancier. Idéal si vous êtes visuelle.
- Par projet : regrouper ensemble les pelotes déjà destinées à un ouvrage précis, avec le patron glissé au milieu. Un vrai gain de temps.
Profitez-en pour rassembler les fins de pelotes dans une boîte à part : ce sont vos futures rayures, vos pompons et vos petits accessoires.
Stocker : à l'abri de la lumière et des mites
La laine a deux ennemies : la lumière, qui ternit les couleurs, et surtout les mites, qui raffolent des fibres naturelles. Nos règles d'or :
- Des boîtes transparentes avec couvercle : on voit le contenu d'un coup d'œil et la laine reste à l'abri de la poussière et de la lumière. Bien mieux que les sacs, où tout s'emmêle.
- Des anti-mites naturels : quelques fleurs de lavande séchée, des copeaux ou blocs de cèdre, ou une goutte d'huile essentielle sur un coton. À renouveler régulièrement, car l'odeur — donc l'effet répulsif — s'estompe.
- Un endroit sec et frais : l'humidité est l'amie de la moisissure. On évite la cave humide et le grenier brûlant.
Un doute sur une pelote venue d'un vide-grenier ? Un petit tour de 24 h au congélateur, dans un sac fermé, met tout le monde d'accord côté mites.
Inventorier : savoir ce que l'on possède
C'est l'étape que tout le monde saute... et que tout le monde regrette en rachetant une pelote déjà en réserve. Trois niveaux, du plus simple au plus complet :
- La photo : un cliché de chaque boîte ouverte sur le téléphone, et l'on a son stock en poche au moment d'acheter.
- L'étiquette conservée : gardez toujours une étiquette par lot, glissée dans la boîte. Elle contient la composition, le métrage et le bain — tout ce qu'il faut. Notre article pour lire une étiquette de pelote explique pourquoi c'est précieux.
- L'application dédiée : certaines applis de tricot gèrent un inventaire complet, avec photos, métrages et projets associés. Le grand luxe pour les collections importantes.
La règle d'or (à prendre avec humour)
Voici la sagesse que l'on se répète sans jamais l'appliquer : « un projet fini avant d'en acheter un nouveau ». Sur le papier, c'est imparable. Dans la vraie vie... disons que la belle pelote de saison a toujours raison de nos bonnes résolutions ! Alors soyons indulgentes : l'idée n'est pas de se priver, mais simplement de tricoter aussi vite que l'on achète. Un équilibre, pas une punition. Et rien n'interdit de craquer sur un joli lot quand le cœur y est.
Donner, échanger, faire tourner
Enfin, un stock vivant est un stock qui circule. Les pelotes qui ne vous inspirent plus feront le bonheur d'une autre : proposez-les à une amie, à un atelier tricot, à une association qui confectionne pour les bébés ou les plus démunis. Les échanges entre tricoteuses sont aussi un vrai plaisir — et l'occasion de découvrir une fibre qu'on n'aurait jamais achetée soi-même. À Perpignan, poussez la porte : nous connaissons les bonnes adresses et les ateliers du coin.
Questions fréquentes
Comment protéger sa laine des mites sans produits chimiques ?
Lavande et cèdre sont les grands classiques, à renouveler tous les deux à trois mois. L'essentiel reste des boîtes bien fermées et un endroit sec : les mites pondent dans les recoins sombres et tranquilles, pas dans une boîte hermétique inspectée régulièrement.
Faut-il garder les étiquettes des pelotes ?
Absolument, au moins une par lot. Sans elle, impossible de retrouver la composition, le métrage exact ou le numéro de bain — des informations indispensables si vous devez racheter une pelote assortie.
Que faire des toutes petites pelotes restantes ?
Rassemblez-les dans une « boîte à restes » : elles serviront pour des rayures, des pompons, des amigurumis, des échantillons ou des accessoires bébé. Rien ne se perd chez une tricoteuse organisée !
Hélène Riu, laines et mercerie à Perpignan depuis 1995 — 18 rue Pascal Marie Agasse. Boîtes, lavande et belles pelotes pour un stock au cordeau ; livraison offerte dès 35 €.
Deux patrons offerts : le bonnet « Les Remparts » et les lingettes « Douceur »
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