Monter les mailles : 3 méthodes et quand les utiliser

Monter les mailles : 3 méthodes et quand les utiliser

Avant même la première rangée, il y a un geste que tout tricoteur répète des milliers de fois dans sa vie : monter les mailles. C'est la fondation de votre ouvrage, la rangée invisible qui décide si le bord sera souple ou rigide, net ou irrégulier. À la mercerie, à Perpignan, c'est souvent la première chose qu'on montre quand quelqu'un pousse la porte en disant « je voudrais apprendre à tricoter ». Bonne nouvelle : il existe plusieurs façons de monter, et chacune a son moment. Voici les trois méthodes qui couvrent la quasi-totalité de vos projets, et surtout comment choisir la bonne.

Pourquoi le montage mérite votre attention

Un montage trop serré et votre bas de pull tire, refuse de s'étirer, casse presque quand vous l'enfilez. Trop lâche, et il baille en laissant voir des trous disgracieux. Le bord monté donne le ton de tout le tricot : il doit avoir la même élasticité que le point qui suivra. C'est pour cela qu'on ne monte pas une écharpe en point mousse comme on monte le col côtelé d'un pull. Prendre cinq minutes pour choisir sa méthode, c'est s'épargner bien des déceptions à la fin.

Petit réflexe de mercière : si vous avez la main serrée, montez sur une aiguille légèrement plus grosse que celle du corps de l'ouvrage. Le bord gagne aussitôt en souplesse.

Méthode 1 : le montage tricoté, l'universel

C'est celui qu'on apprend en premier, et pour cause : il ne demande de savoir faire qu'une seule chose, tricoter une maille endroit. On réalise un nœud coulant, on tricote une maille sans la faire tomber, puis on repasse la boucle obtenue sur l'aiguille gauche. Et on recommence, encore et encore.

Quand l'utiliser : quand vous débutez, quand vous devez rajouter des mailles en cours d'ouvrage (une manche, une boutonnière) ou quand vous n'êtes pas sûr du nombre de mailles final. Son gros avantage : aucun calcul de longueur de fil à l'avance. Son défaut : un bord un peu moins net et un peu moins élastique que le montage à longue queue.

Méthode 2 : le montage à longue queue (ou continental)

Le chouchou des tricoteuses expérimentées, parce qu'il est rapide, régulier et souple. On laisse une longue « queue » de fil (comptez environ trois fois la largeur du futur ouvrage), on installe le fil entre pouce et index façon lance-pierre, et les mailles se montent presque toutes seules une fois le mouvement acquis.

Quand l'utiliser : pour la grande majorité de vos projets, des pulls aux châles en passant par les snoods et les bonnets. Il crée déjà une première rangée tricotée, donc votre bord est net et légèrement extensible. Le seul piège consiste à bien estimer la longueur de queue. Pour un ouvrage large, mieux vaut en prévoir trop que pas assez, quitte à couper le surplus à la fin.

Méthode 3 : le montage tubulaire simplifié, pour des côtes de pro

Vous avez déjà admiré le bas d'un pull du commerce, avec ces côtes qui semblent rouler et rentrer dans le tricot sans couture visible ? C'est le montage tubulaire. La version simplifiée se réalise avec un fil de contraste provisoire et quelques rangs, avant de basculer sur vos côtes 1/1. Le résultat est bluffant : un bord ultra-élastique, arrondi, parfait pour un col ou un poignet.

Quand l'utiliser : dès que le rendu compte, sur les poignets, les encolures et les bas de pull en côtes. C'est un cran au-dessus en difficulté, mais une fois la technique maîtrisée, on ne revient plus en arrière pour les finitions soignées.

Lequel pour quel projet ?

  • Première écharpe, premier ouvrage : montage tricoté, le temps de prendre confiance.
  • Pull, châle, plaid, snood : montage à longue queue, le meilleur compromis vitesse/souplesse.
  • Côtes de pull, poignets, col : montage tubulaire pour un fini professionnel.
  • Ajout de mailles en cours de route : montage tricoté, toujours.

Le bon montage dépend aussi de votre fil. Une laine bien élastique comme le mérinos pardonne les petits écarts, tandis qu'un coton ou un lin, plus secs, exigent un bord régulier. Si vous hésitez sur la matière, notre guide pour choisir sa laine quand on débute vous met sur la voie, et vous trouverez de quoi vous lancer dans notre rayon laines. Une fois vos mailles montées, direction les points de base du tricot pour la suite de l'aventure.

Questions fréquentes

Combien de fil laisser pour un montage à longue queue ?

La règle simple : trois à quatre fois la largeur de l'ouvrage fini. Pour un pull de 50 cm de large, prévoyez donc 1,50 à 2 m de queue. Dans le doute, ajoutez une marge : le fil coupé se recycle, le fil manquant vous oblige à tout recommencer.

Mon bord de montage est trop serré, que faire ?

Montez sur une aiguille d'une taille au-dessus, ou tenez deux aiguilles ensemble pendant le montage puis retirez-en une avant de tricoter. Le bord retrouve aussitôt l'élasticité qui lui manquait, sans que vous ayez à changer votre tension habituelle.

Peut-on monter les mailles au crochet ?

Oui, le montage au crochet existe et donne un joli bord décoratif, très utile pour un montage provisoire qu'on détricotera ensuite. C'est une astuce pratique quand on relèvera des mailles plus tard, mais pour débuter, les trois méthodes ci-dessus suffisent très largement.

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