Quelle laine tient le plus chaud ? Le classement pour l'hiver

Quelle laine tient le plus chaud ? Le classement pour l'hiver

À épaisseur égale, les laines qui tiennent le plus chaud sont les fibres animales qui emprisonnent beaucoup d'air : l'alpaga, le mohair, le cachemire et la laine de mouton, mérinos comprise. L'acrylique réchauffe bien au sec, mais il gère mal l'humidité. Surtout, la fibre ne fait que la moitié du travail : un fil épais, un tricot dense et des points en relief comptent autant que la matière. Bien réglés, ces trois leviers transforment une bonne laine en tricot vraiment chaud.

Quelle laine est la plus chaude ? Le classement fibre par fibre

Ce classement compare des fils de grosseur comparable, portés dans des conditions normales d'hiver. Il ne s'agit pas de mesures de laboratoire, mais de l'ordre que l'on retrouve dans la pratique.

  1. L'alpaga : très chaud pour son poids, doux, sans lanoline. Certaines de ses fibres sont en partie creuses, ce qui ajoute encore de l'air. C'est le choix des grands frileux, détaillé dans notre guide de l'alpaga, fibre douce et chaude.
  2. Le mohair et le cachemire : deux fibres de chèvre. Le cachemire est d'une finesse rare ; le mohair doit sa chaleur à son halo, qui forme un coussin d'air autour des mailles. Un fil mohair très léger peut réchauffer autant qu'un fil lisse bien plus lourd : tout est expliqué dans notre article sur le mohair.
  3. La laine de mouton : la valeur sûre. Ses fibres ondulées gonflent le fil et elle garde une bonne partie de sa chaleur même un peu humide. La laine vierge en est la forme la plus courante en pelote.
  4. La mérinos : aussi chaude qu'une laine classique, en plus fine et plus douce. C'est la laine de la première couche, celle qui se porte au contact de la peau.
  5. Les mélanges laine et acrylique : un compromis sensé. La part de laine apporte la chaleur, l'acrylique la légèreté et un entretien plus simple.
  6. L'acrylique pur : léger et chaud tant qu'il est sec. Dès que l'on transpire, il retient moins bien la chaleur et donne une sensation de moiteur.

Le coton, le lin et la soie ferment la marche : ils sont faits pour l'été ou pour la mi-saison. Pour replacer chaque matière dans son ensemble, notre panorama des types de laine reste la référence.

Pourquoi une fibre tient chaud : l'air immobile

Une laine ne produit pas de chaleur. Elle garde celle de votre corps en immobilisant une couche d'air, et l'air immobile est un très bon isolant. Tout ce qui augmente la quantité d'air piégé dans le tricot le rend plus chaud.

  • Le gonflant de la fibre : les ondulations naturelles de la laine l'empêchent de se tasser. Un fil gonflant contient plus d'air qu'un fil plat de même poids.
  • Le halo : les poils du mohair ou de l'alpaga brossé remplissent l'espace entre les mailles.
  • La gestion de l'humidité : la laine absorbe une partie de la vapeur d'eau de la transpiration sans paraître mouillée. Un tricot humide au toucher, lui, refroidit vite.
  • Le vent : un tricot ajouré laisse l'air circuler. Dehors, un tissu serré protège mieux qu'une fibre plus chaude tricotée lâche.

L'épaisseur du fil et la densité du tricot

À matière égale, un fil épais tricoté serré sera toujours plus chaud qu'un fil fin tricoté lâche. Deux leviers sont entre vos mains.

  • La grosseur du fil : un pull en fil à aiguilles 4,5 est plus épais qu'un pull en fil à aiguilles 3. Pour un ouvrage d'hiver, restez dans la moitié haute des grosseurs.
  • La densité : pour un bonnet ou des moufles exposés au vent, beaucoup de tricoteuses descendent d'un demi-numéro d'aiguilles par rapport à l'étiquette. Le tissu est plus ferme et coupe mieux l'air. Faites un échantillon avant : si vous changez d'aiguilles, vous changez aussi le nombre de mailles pour une même largeur.
  • La double épaisseur : un revers de bonnet, un ourlet replié ou une bordure doublée sur les oreilles apportent une deuxième couche là où il fait le plus froid.

Les points qui emprisonnent l'air

Le choix du point change réellement la chaleur d'un tricot. Le jersey est le plus fin des tissus tricotés ; tout ce qui crée du relief ou des épaisseurs ajoute de l'isolation.

  • Les côtes : elles se resserrent en accordéon et forment un tissu épais et élastique qui colle au corps sans laisser passer l'air. Toutes leurs variantes sont dans notre guide des côtes au tricot.
  • Les torsades : chaque croisement superpose des mailles. Un pull torsadé est plus épais, et plus chaud, que le même pull en jersey.
  • Le point mousse : plus spongieux et plus épais que le jersey, avec la même face des deux côtés.
  • Le jacquard : les fils qui courent sur l'envers forment une seconde couche. C'est pour cela que les pulls à motifs du Nord sont si chauds.

Quelle laine pour quel ouvrage d'hiver ?

Chaque pièce a ses contraintes : contact avec la peau, frottement, lavages, exposition au vent.

  • Le bonnet : laine ou alpaga, tricoté serré, avec une bordure doublée sur les oreilles. Au front, choisissez une fibre douce : notre article quelle laine ne gratte pas vous aide à trancher.
  • Le pull : une laine gonflante et des torsades. La New Zealand Print d'Adriafil associe 75 % de laine vierge et 25 % d'acrylique, en pelote de 100 g pour 200 m à tricoter en aiguilles 4,5, d'après sa fiche. Son coloris imprimé se dessine seul au fil des rangs, et elle passe en machine à 30 °C sur cycle laine.
  • L'écharpe et le snood : le cou supporte mal les fibres raides. Un fil qui contient du mohair, léger et chaud, ou une laine fine tricotée en côtes font d'excellents cols.
  • Les chaussettes : de la laine pour la chaleur, du polyamide pour la solidité. La laine garde les pieds au chaud même quand ils transpirent dans la chaussure.
  • Les moufles : plus chaudes que des gants, parce que les doigts se réchauffent entre eux. Tricotez-les serrées, dans une laine qui accepte d'être lavée souvent.

Les pelotes de 100 g sont pratiques pour les ouvrages d'hiver : moins de raccords, moins de fils à rentrer. La New Zealand se décline en unis et en imprimés parmi nos laines Adriafil ; chaque fiche indique les coloris du moment.

Laine vierge : ce que dit vraiment l'étiquette

La mention « laine vierge » est encadrée par la réglementation européenne sur l'étiquetage des textiles. Elle désigne une laine qui n'a jamais été intégrée à un produit fini, qui n'a pas subi d'autre filature ou feutrage que ceux nécessaires à la fabrication, et qui n'a pas été abîmée par un traitement ou un usage. En clair : ce n'est pas de la laine recyclée.

Dans un mélange, la mention n'est permise que si toute la laine du mélange répond à cette définition, si elle représente au moins 25 % du poids et, en cas de mélange intime, si elle n'est associée qu'à une seule autre fibre. Une composition « 75 % laine vierge, 25 % acrylique » entre exactement dans ce cadre. Attention, « laine vierge » parle de l'origine de la fibre, pas de sa finesse ni de sa chaleur : c'est la part de laine et la grosseur du fil qui renseignent sur la chaleur.

Méfiez-vous aussi des fils « aspect laine » : leur composition, toujours écrite sur l'étiquette, dit s'il y a réellement de la fibre animale dedans.

Questions fréquentes

Quelle laine choisir pour avoir vraiment chaud ?

Une fibre animale gonflante, alpaga, mohair ou laine de mouton, dans un fil assez épais et tricoté serré. Ajoutez des côtes ou des torsades pour épaissir le tissu. C'est ce trio fibre, densité et point qui fait un tricot chaud.

L'acrylique tient-il chaud ?

Oui, tant qu'il ne prend pas l'humidité : c'est une fibre légère qui isole correctement. En revanche, il ne gère pas la transpiration comme la laine, et l'on a vite une sensation de moiteur puis de froid. Pour un ouvrage porté dehors, un mélange avec de la laine est plus confortable.

Quelle laine chaude pour un pull d'hiver ?

Une laine vierge ou un mélange riche en laine, dans une grosseur à aiguilles 4 à 5 au minimum. Un modèle torsadé ou à côtes sera plus chaud qu'un jersey simple, à laine égale. Pensez à l'entretien : un fil qui passe au cycle laine simplifie la vie tout l'hiver.

Le mohair est-il plus chaud que la laine ?

À poids égal, souvent oui, grâce au halo qui retient l'air. Mais un fil mohair fin tricoté en mailles aérées laisse passer le vent. Pour un col ou une écharpe, il est idéal ; pour un bonnet exposé, tricotez-le plus serré ou doublé d'un autre fil.

Hélène Riu, laines et mercerie à Perpignan depuis 1996 — 18 rue Pascal Marie Agasse. Même sous le soleil catalan, la tramontane rappelle qu'un bon bonnet de laine n'est jamais de trop. Livraison offerte dès 35 € en France métropolitaine.

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